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L'atelier d'écriture de Tata Meg'

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MessageSujet: Re: L'atelier d'écriture de Tata Meg' Mer 14 Nov - 1:53

on veut d'autres écrits :3
bunny
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JE SUIS : Féminin
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MessageSujet: Re: L'atelier d'écriture de Tata Meg' Mer 5 Déc - 5:24

La barbe au vent et le torse en avant, ils se tenaient fiers et regardaient droit devant. Le sel avait fait sécher leur peau qui pelait et brûlait, mon dieu qu'ils souffraient. Et pourtant les voilà revenus, sous la lune, belle demoiselle. La mer du Nord mugissait et le ciel laissait échapper des bribes de voix plaintives, les marins étaient ivres. Ils dansaient et chantaient ensemble, se mouvaient à l'unisson, leur maigre butin sous le bras. Un pied posé à terre, ils maudirent la mer. Elle même qui de ses bras hideux leur a ôté la vie, leurs femmes et leurs enfants. Tels les spectres qui hantaient Hamlet, ils descendirent dans les rues d'Amsterdam et s'offrirent une dernière nuit pleine d'ivresse et de tendresse. Tout n'était que souvenirs, rires et cauchemars, tous entremêlés. Les pavés sous leurs pieds se disloquaient, tout était en pagaille dans les rues d'Amsterdam. Mais fidèle à elle-même, elle savait leur livrer ses secrets, une catin devant la porte et une autre derrière. Et enfin, l'odeur de la bière, du malt et de l'orge qui se diffusait. Ils buvaient, et buvaient encore, autour d'eux on dansait, on dansait encore. Amsterdam sombrait, le port d'Amsterdam coulait.

Si vous trouvez la chanson dont je me suis inspirée.. :3
Llama
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MessageSujet: Re: L'atelier d'écriture de Tata Meg' Mer 5 Déc - 5:42

texte sympa, comme d'hab :)
par contre la chanson..
bunny
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modérateur
JE SUIS : Féminin
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MessageSujet: Re: L'atelier d'écriture de Tata Meg' Jeu 6 Déc - 21:21

Merci :3
Monsieur chat, comme je vous l'avais promis!











LIVRE PREMIER
« Être, ou ne pas être, telle est la question. »
William Shakespeare.










Chapitre I
« Dans ce monde, le rêve fait place à la réalité, cette dernière, quant à elle n'est qu'un simple songe. Tout ce qui est insensé est sensé, tout ce qui l'est, ne l'est pas. Ne te laisse pas dévorer par la folie, toujours, quoi qu'il arrive, marche devant toi. »


La sonnerie, enfin, retentit. Une vague de joie et de bonne humeur se répandit comme une traînée de poudre dans les couloirs désormais remplis de la vieille bâtisse, abritant depuis longtemps une école.
Comme tous les vendredis soirs, alors que le soleil déclinait, je rentrais chez moi tout en gardant le même pas lent et hésitant. Je marchais ainsi, le long d'un vieux chemin terreux et recouvert de gravats. Il n'était jamais très agréable à pratiquer mais je prenais néanmoins plaisir à observer le paysage, changer autour de moi, à sentir le vent sur mon visage. J'étais très vite transportée, au pays des rêves. Je m’imaginais, en grande héroïne, confrontée à de multiples dangers. Je devenais une brave aventurière que tout le monde implorait, je chassais des dragons, sauvais des villages entiers d'un funeste destin.
Alors que j'étais plongée dans mes pensées, la nuit était déjà tombée. A cause de l'obscurité grandissante, j'étais obligée de relever la tête et de me concentrer. Non loin de moi, les traits de ma maisons se dessinaient peu à peu. Mon cœur se réchauffait et je pressais le pas, ayant hâte de retrouver mon chez-moi. Ma famille, mon lit, mon jardin, que j'avais quittés depuis maintenant un mois, commençaient à me manquer. Mais j'étais habituée maintenant, c’est comme ça lorsque qu'on vit en pensionnat, à l'écart, loin de tout, un peu comme dans un rêve.
Mais ce soir là, tout ne se passa pas comme prévu. J'arrivai, enfin, et, au lieu de retrouver ma maison avec ses fenêtres éclairées et la porte grande ouverte, je faisais à présent face à une petite maisonnette, grise, la peinture craquelée. Les lieux semblaient abandonnés alors que je ne les avais quittés que depuis une semaine. Et à ma grande surprise, il n'y avait pas que la maison qui était transformée, au lieu de me trouver dans une charmante prairie, l'herbe verte, parsemée de fleurs, c'était à présent un affreux marais qui m’entourait.
Désorientée, je me mis à regarder tantôt à droite, tantôt à gauche, scrutant les horizons, cherchant à savoir si je ne m'étais pas trompée de route. Malheureusement, il me semblait que non, c'était bien ici que se trouvait, jadis, ma maison.
Désemparée, je me laissai tomber par terre et ramenai mes genoux contre ma poitrine, pensant que je faisais tout simplement face à un mauvais rêve. Malgré la sinistre ambiance qui régnait, quelques oiseaux chantaient encore. Puis, plus rien, le temps semblait s'être arrêté.
Des sanglots m'échappèrent, puis le désespoir s'installa quand, d'un coup, un bruit déchira le silence.
Miaou !
Je fus surprise, Miaou ? Un chat, donc. Mais... Que pouvait donc bien faire un chat dans un endroit pareil ?
Je me levai rapidement et me retrouvai nez à nez avec un chat mesurant près d'un mètre soixante dix de haut. Outre sa taille démesurée, il me parut bien étrange. L'animal me souriait et tenait dans sa patte droite un parapluie dont il ne restait plus que la carcasse en métal. Même si j'étais un peu effrayée (oui, il est vrai qu'il est rare d’apercevoir un tel spécimen dans nos contrées), je m’efforçais de le détailler. Il était plutôt imposant, gros même, et était entièrement recouvert de poils blancs et caramel.
Son visage, lui, était quelque peu intimidant avec son large sourire et ses grands yeux jaunes. Je peux vous dire qu'il aurait fait fuir n'importe quel humain sensé. Pendant que je l'observais, il inspecta quelques secondes son parapluie puis il se tourna de nouveau vers moi.
_ Miaou, il n'est pas prudent pour une jeune fille de se promener par ici vous savez. Votre regard fixe m'inquiète, vous êtes malade ?
Je ne pus répondre que quelques mots et me sentis bien stupide tout d'un coup :
_ Vous êtes un chat ...
_ Est-ce un mal que je viens de commettre? commença -t – il à gronder.
_ Non, c'est que … Un chat qui parle, ce n'est pas très commun voyez vous ! lui répondis-je simplement.
Étrangement, au lieu de me réprimander pour mon insolence , il se contenta de lever les yeux vers le ciel gris, néanmoins dépourvu de tout nuage. Puis, tout d'un coup, son expression changea. Il paraissait à présent aussi heureux qu’excité. Ce changement brutal de comportement me surpris, si bien que je regardai à mon tour le ciel. Mais rien, tout était normal. (même si dans ce contexte, le mot normal était quelque peu inapproprié). Le gros matou se tourna d'un coup vers moi et me tendit un second parapluie, cette fois, tout entier.
_ Désolée, mais il me semble que je n'en aurai pas besoin, lui lançai-je tout en repoussant le parapluie avec le bout des doigts.
_ Vous auriez tort de le refuser jeune demoiselle. Nous allons bientôt assister au déluge du siècle ! Que dis-je ? Du millénaire ! Vous allez voir, ce sera formidable.
Je ne voyais pas vraiment en quoi le « déluge du millénaire » pouvait paraître aussi plaisant et je ne tardai pas à lui faire comprendre que je ne voulais vraiment pas de son parapluie.
_ Non, vraiment, ce n'est pas …
Je n’eus pas le temps de finir ma phrase, que déjà, un poisson me tomba sur la tête. Oui, c'était bien un poisson, une sardine même. Je la tenais dans ma main puis la laissai tomber vulgairement sur le sol, ce qui semblait être une aberration au vu du regard effaré de mon nouvel ami. Étant donné que nous allions effectivement avoir affaire à une bonne grosse pluie (de poissons, je tiens à le rappeler au cas où vous seriez déjà égarés), je pris le parapluie, l'ouvris puis le tins au dessus de ma tête.
Et voilà, le moment arriva, il se mit vraiment à pleuvoir, et des centaines, voir des milliers de sardines, se mirent à tomber du ciel. Amusée, je remarquai que la météo avait un étrange effet sur le matou qui chantait et dansait. Il était tellement absorbée par les poissons, qu'il m'oublia et me bouscula. A ce moment là, j'ai bien cru que j'allais devenir folle, et il y avait de quoi. Ma maison avait disparue, je me trouvais au milieu d'un gigantesque marais, ma seule compagnie était un chat, énorme, qui parlait, qui tenait un parapluie, et enfin, il s'était mis à pleuvoir des sardines. Je voulais m'en aller, rentrer chez moi, retrouver ma vie, normale. Je me mis à pleurer mais mon nouvel ami (si je puis l'appeler ainsi) remarqua ma tristesse et me tendit sa patte libre afin que je puisse me relever. Après tout, il ne paraissait pas bien méchant et je devais pouvoir lui faire confiance. Il plongea alors de nouveau son regard dans le mien puis me dit :
_ Miaou ! Le poisson c'est bon mais il ne faudrait pas perdre notre temps par ici. Il ouvrit grand sa bouche et me lança joyeusement, allons-y !
Bon, d'accord, il était gentil, mais il me faisait toujours, vraiment, un peu peur. J'ai donc hoché la tête et ai commencé à le suivre alors qu'il marchait déjà le long d'un petit chemin qui semblait s'enfoncer dans les ténèbres.
Nous nous étions mis à marcher depuis un long moment maintenant, mais, malgré les kilomètres et les heures qui passaient, le paysage ne changeait pas. Autour, de nous, se trouvaient toujours les mêmes arbres, morts, fléchissant sous le poids des années. Le ciel lui non plus ne changeait pas, la lune à présent apparente restait figée. Peut être n'était-ce lié qu'à mon imagination, mais monsieur chat (je l'ai appelé ainsi, un petit nom, c'est toujours fort sympathique) ne semblait pas le moins du monde choqué par cet étrange événement. Il fixait l’horizon, et même si j'étais derrière lui, on pouvait facilement imaginer son regard vide perdu au loin. Il continuait à marcher encore et encore, sans s'arrêter, infatigable (et moi aussi étrangement), jusqu’à ce que, finalement, il stoppa nette sa marche. Tout en regardant toujours au loin il me lança froidement :
_ Tu as l'air d'être une bonne petite. En général, les humains qui pénètrent ici, finissent tous par perdre la tête. Ils délirent, se perdent et meurent. Je pense pouvoir te laisser partir, mais, sache une chose. Dans ce monde, le rêve fait place à la réalité, cette dernière, quant à elle n'est qu'un simple songe. Tout ce qui est insensé est sensé, tout ce qui l'est, ne l'est pas. Ne te laisse pas dévorer par la folie, toujours, quoi qu'il arrive, marche devant toi. 
_ Attendez ! Ce que vous dîtes n'a aucun sens !
Il se tourna alors d'un coup, un étrange sourire sur les lèvres qui me glaça le sang. Il pencha alors sa tête sur le côté et me dit :
_ Mon enfant, j'espère que tu m'as bien écouté, parce que ce sera pour toi le seul moyen de survivre.
Décontenancée, je fis un pas vers lui, mais tout disparu. Le marais, le chat, les arbres, tout.




Chapitre II

A présent, mes pieds s'enfonçaient dans l'herbe, une légère brise marine balaya mon visage, tandis que l'eau caressait mes chevilles. Un gigantesque océan s'étendait devant moi, ne semblant plus finir. A sa surface, l'herbe poussait comme elle le ferait dans la terre de n'importe quel jardin, une multitude de poissons aux couleurs vives, intrigués, s'étaient déjà réunis autour de moi. Ne voulant pas les blesser par mégarde, je retirai vivement mes pieds de l'eau. Derrière moi, un abri bus apparu.
Je tremblais. Qu'allais- je bien pouvoir faire à présent. Rentrer chez moi paraissait évident, mais, dans ces conditions il serait difficile de regagner ma maison. J’optai donc pour pour la seconde solution, qui consistait à attendre, tout simplement. Quoiqu'il arrive, même si je suis perdue au milieu de nulle part, je finirai bien par rencontrer quelqu'un. C'est vrai, on ne construit pas des abris bus pour rien après tout. Alors que je méditais quant à mon futur proche, la surface de l'eau se mit à bouger. Des bulles apparurent et des brins d'herbes s'écartèrent comme si quelque chose cherchait à sortir de l'eau. Je me penchai, fronçai les sourcils puis reculai brusquement, une étrange créature se trouvant désormais à mes côtés. J’écarquillai les yeux, soit mon imagination me jouait des tours, soit je rêvais, mais, à ma connaissance, les hippocampes étaient des animaux marins et il leur était impossible de sortir de l'eau. L'animal s'ébroua, gardant soigneusement ses bras serrés contre ce qui semblait être un chevalet. Il avança sans faire attention à moi, le regard vide, contemplant l’horizon. Il posa sa toile au sol, non loin de moi, et sortit d'une petite trousse argentée des tubes de couleurs et des pinceaux de toutes tailles. Je l'examinai longuement, sans que cela ne semble le déranger. Il paraissait plutôt grand pour un hippocampe, plus ou moins un mètre cinquante je dirais. Sa peau jaune-orangée, quant à elle, luisait et scintillait à la lumière du soleil. Avec ses petits yeux noirs, il paraissait inexpressif. Il leva ses bras puis se mit à l'ouvrage. Ses gestes étaient loin d'être maladroits pour un hippocampe, et, déjà, ses pinceaux commençaient à glisser le long de la toile immaculée. J'étais plutôt septique, me demandais comment une telle créature pouvait dessiner. Mais je ne le fus guère longtemps. C'est que, pour un animal marin, il se débrouillait très bien. Les couleurs se mariaient à merveille, les formes représentaient parfaitement le paysage qui s'offrait à présent devant mes yeux. Le paysage … Quelque chose clochait. Lorsque je suis arrivée, j'étais seule, au milieu des poissons, l'abri bus se dressant derrière moi. Il faisait beau, aucun nuage ne complétait le ciel. Et maintenant, tout était différent, au gré du pinceau qui effleurait la toile, le paysage se mouvait, changeait. La mer était toujours là, les animaux marins aussi. Mais il y avait à présent des oiseaux dans le ciels, des bruits, alors que jusque là le silence régnait. Tout devint plus beau, plus vivant, l'air marin se faisait sentir à présent, on pouvait fermer les yeux et écouter.
Le soleil déclinait, le ciel bleu de l'après-midi virait au rose et l'air se rafraîchit. L'animal qui se tenait là depuis plus d'une heure maintenant finit par reprendre tout son matériel sous son bras. Et c'est ainsi, que d'un pas lent, il se dirigea vers l'eau tout en me tirant sa révérence, élégamment.
Je vous souhaite une bonne fin de journée mademoiselle. J'espère que vous pourrez profiter du paysage.
Sans que je ne puisse ajouter un mot, il reprit sa lente marche, s'enfonça dans l'eau claire puis finit par disparaître complètement. Il aurait était normal que je sois choquée, interloquée, apeurée peut être. Mais je ne le fus pas, avec tout ce qui m'était arrivé, je m'attendais à tout à présent. Un lama, rose, en tenue écossaise aurait pu me saluer que je ne l'aurais sûrement pas remarqué. Après tout, si tout cela n'était qu'un rêve, autant en profiter. Si cela n'en était pas un... Autant en profiter aussi.
C'est à ce moment là que je commençai à énumérer tout les bons côtés que cette petite excursion en terre inconnu pouvait m'offrir. Tout d'abord, moi qui ne sortais jamais de chez moi, autrement que pour aller à l'école, j'allais enfin pouvoir découvrir de nouveaux horizons. Ce sera aussi l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes, et ne dit-on pas que les voyages entretiennent la jeunesse ? Voilà un bon argument. Mais le ciel s'assombrit de plus en plus, la nuit allait tomber et j'étais toujours là, sous mon abri bus, seule. Un vent frais se leva, mes poils se hérissèrent le long de mes bras et, sans que je ne puisse la contrôler, ma tête bascula sur le côté. Enfin, le sommeil eu raison de moi.
J'étais assise dans une barque, tout était flou autour de moi. Curieuse, je me penchai vers l'eau trouble qui soutenait le vielle embarcation en bois. Rien. Rien qui ne rappelait la vie, il faisait sombre, de gros nuages gris obscurcissaient le ciel. Je me concentrai un instant sur le paysage. Même si cela n'était pas net, j'arrivais à apercevoir la berge, non loin de moi. Et je me souvins. Les éclats de rires, les chants, la douceur des nuits d'été. J'étais déjà venue ici, lorsque j'étais petite. Et il y avait quelqu'un avec moi, ce jour là sur le lac. Oui, il était là. Je me retournai vivement, espérant le retrouver. Mais je ne pus faire face qu'à une ombre sans forme, noire et froide. Les larmes coulèrent le long de mes joues sans que je ne sache pourquoi, que c'était il donc vraiment passé ce jour là ? Je réfléchis longuement jusqu'à ce qu'un chant, s'élève des profondeurs de l'eau glacée. Je ne reconnus pas la voix, douce, d'une femme que je ne connaissais pas. De nouveau je fus tentée de me pencher au dessus de la barque, mais, avant même que je ne puisse bouger, mon rêve changea.
Il faisait chaud, mes pieds brûlèrent dans le sable. Je n'étais pas une experte en géographie, mais le mot désert m'évoquait le soleil, les dunes de sable blanc, la lumière. Et pourtant, il faisait noir, encore. Toujours noir. Et les ténèbres gagnèrent très vite du terrain, elles s'emparèrent alors de moi. La chaleur fit place à la froidure de l'hiver, je me sentis lourde et m'enfonçai tout d'un coup dans le sable.
_ Cela fait bien trop longtemps que tu es ici. La voix, sortit de nulle part marqua une pause. Les humains ne doivent pas être ici.
Puis plus rien. Rien d'autre que la peur. Mon rêve vacilla. Est-ce que je dormais encore ?
_ Hé ! Une voix qui semblait appartenir à un jeune homme retentit. Il ne faut pas que tu dormes, réveille toi !
On me secoua. J'entrouvris alors les yeux, me les frottai, tentai de rester éveillée, mais quelque chose m'en empêchait. Peut être était-ce un manque de volonté ou alors était-ce cette force, irrésistible, qui m'attirait au fond du sable.
_ Allez, je me doute que c'est douloureux, mais reprends toi ! Il y a sûrement des gens qui t'attendent dans ton monde, tu ne comptes pas les abandonner non ?
De gens qui m'attendent ? C'était sûrement vrai. Je vis ma mère, dans le salon, attendant mon retour, mon père. Des larmes s’échappèrent et, dans un ultime effort, je tentai de m'extirper du sable qui me recouvrait totalement. Mes yeux s'ouvrirent brusquement et je fus aveuglée par la lumière du soleil. Je regardai alentour. A mes côtés, se tenait un jeune homme qui avait probablement mon âge. Son visage était en partie caché sous un chapeau bleu marine semblable à ceux que portent les sorciers et magiciens dans les livres de fantaisie. Le reste de son corps était recouvert d'une longue cape de la même couleur, qui laissait seulement apparaître les bouts d'une chemise blanche en lin, un pantalon de coton bleu et des bottes à lacets noires qui remontaient le long des ses jambes, jusqu'à ses genoux. Le garçon au visage angélique, avec ses grands yeux verts et ses cheveux blonds se pencha vers moi et me tendit la main. Embarrassée et toujours confuse, je me rendis vite compte que j'étais assise par terre dans une position qui n'était pas des plus convenable. Je me relevai avec difficulté et manqua une fois de tomber. Face à ma maladresse, désormais légendaire, il sourit puis rit de bon cœur. Alors que je m’époussetais, il prit une de mes mains dans les siennes et y laissa une mince chaîne en argent, où pendait un petit bijou en forme de chat. Ce dernier me fit penser à l'étrange créature que j'avais croisée, dans les marais, avant d’atterrir ici. Mais celui-ci ne souriait pas. Il paraissait presque triste, comme s'il portait en lui un immense fardeau. Bien trop lourd à porter. Tout d'un coup, le bijou sembla peser plusieurs kilos. Je l'observais encore un instant, puis pris la parole :
Je te remercie, mais …
Il ne me laissa pas finir ma phrase, et dit :
Ne me remercie pas, de toute manière, tu seras bien obligée de le porter si tu tiens à rester en vie.
Son sourire disparut alors. Je n'osai rien dire et me contentai de l'écouter.
Ce que tu as dû voir en rêve … Il se tut. Je veux dire, tu ne devrais pas être ici. Si tu le veux bien, je peux essayer de t'aider à rentrer chez toi. Mais je ne te garantis rien …
Étonnée de sa gentillesse, mes joues s'empourprèrent, sa proposition était alléchante. Je voulais dire, ce garçon devait savoir où il allait, enfin, je l'espérais. C'est vrai qu'il n'est pas raisonnable de partir ainsi avec un inconnu, mais tant pis. Contourner règles et coutumes une fois ne m'empêcherai pas de vivre. Mon « sauveur », ou futur sauveur, si je puis l'appeler ainsi, me jeta un coup d’œil. Attendait-il une réponse immédiate ? Ce n'est pas que je voulais absolument prendre mon temps mais, dans ce genre de situation, réfléchir avant d'agir était sans doute la meilleure des solutions. Bien ! Il était temps de me prendre en main, j'exagérais sûrement mais qu'importe.
D'accord. J'accepte. De toute évidence, je n'ai pas d'autre choix. Mais... je n'avais pas remarqué les bagages qui étaient posés à ses pieds. Tu pars en voyage, je ne risque pas de te retarder ?
Il secoua la tête.
Ne t'inquiète pas, il n'y a qu'un seul endroit dans ce monde qui pourrait te permettre de rentrer chez toi. Par chance, c'est là-bas que je me rends.
Bonne nouvelle, très bonne même. Finalement, sa présence me réconfortait. Je n'étais plus trop inquiète, et n'étais pas obligée de faire route seule. Le garçon sortit une imposante montre à gousset de sa poche et la regarda un instant. Sans attendre, il prit ses bagages dans une main, l'un de mes poignet dans l'autre, et recula de quelques mètres m'emportant avec lui.
Notre moyen de transport ne va pas tarder. Par chance, j'ai deux tickets nous permettant d'aller jusqu'à la prochaine ville. Nous resterons quelques temps là-bas avant de continuer notre route. Comme je ne réagissais pas, il ajouta : D'accord ?
Oui, j'étais d'accord. Je le regardai, hochai la tête puis étouffai un cri. En effet, Un vent violent balaya la plaine, si soudainement que je fus obligée de fermer les yeux et de me cramponner à mon compagnon, qui ne fut en aucun cas déstabilisé. Le vent retomba d'un coup et je repris l'équilibre. J'ouvris alors les yeux et pus alors contempler notre fameux « moyen » de transport. Je restai bêtement quelques secondes bouche bée. Je ne pus finalement dire qu'un mot.
Fantastique !
Oui, c'était fantastique. Devant moi se dressait un magnifique train comme il en existait il y a de ça des décennies. Mais, évidemment, mis à part les wagons en bois et la cheminée à vapeur, il ne ressemblait en aucun cas aux machines que j'avais pu voir dans les vieux livres d'histoires. Faisons les choses dans l'ordre et établissons une description détaillée et organisée de l'appareil. A l'avant. Nous ne voyions rien de là où nous étions, l'engin est long. A notre niveau. Nous pouvions observer, même à une certaine distance, que ce n'était pas du bois qui ornait les wagons. L'aspect était semblable contrairement à la consistance. (Pour une bonne description de la chose, il est préférable de la toucher.) La matière, en effet, était très fluide, mon guide m'expliqua plus tard que c'était grâce à cette matière très légère que le train pouvait rouler si vite. Aussi, chose invraisemblable, le véhicule était dépourvu de roues et flottait à quelques centimètres du sol, si bien que l'on aurait pu penser qu'au moindre coup de vent il se serait envolé. Mais ce ne fut fort heureusement pas le cas. Mon jeune guide commença à se diriger vers l'avant du train et je m'empressai de le rejoindre.



Chapitre III
Le soleil était au zénith, il faisait chaud, mais qu'importe. Monsieur chat était là, l'échine courbée, profitant de l'habilité de ses deux pattes avant, coupant ses légumes juste quand et là où il le fallait. Activité bien étrange pour un chat, je vous l'accorde. Mais ce dernier, en plus de parler, adorait jardiner. Il cultivait ainsi tout un tas de bizarreries, peu communes, ce qui avait le don d'attirer les curieux. On pouvait retrouver par exemple, des concombres de terre. Quelle idée ! Direz-vous, sachant que ces derniers poussent plus généralement au fond des océans, mais qu'importe, il poussait des concombres de terre dans le potager de Monsieur chat. A côté de ces derniers, se tenaient fièrement les trompettes de la mort, de magnifiques champignons, qui avait la particularité de chanter aux aurores. Des champignons qui jouent de la musique ! Impossible. Mais qu'importe, il poussait des trompettes de la mort dans le jardin de monsieur chat. On pouvait également relever la multitude de petits pois, rangés par couleur et par motifs. Alors là, vous vous posez des questions telles que : « Pourquoi trier des petits pois? » , « Par couleurs et par motifs ? Mais qu'est-ce que cela veut dire ? » Et bien, dans le potager de Monsieur chat, il y avait des petits pois roses, des bleus, des jaunes, des rouges. Il y en avait à pois, à rayures à carreaux. « Et les verts ? » Qu'importe, il n'y avait pas de petits pois verts dans le jardin de Monsieur chat.
Enfin, notre très cher animal finit sa tâche, des plus fatigante. Il faut ainsi souligner que le potager de Monsieur chat ne fait pas quelques mètres carrés de surface, non. Mais bien plus, beaucoup plus. Donc, Monsieur chat, exténué, décida de rentrer chez lui. Sa maison, des plus modestes, était perchée, sur un arbre, à la manière d'une cabane, comme celles que l'on admire lorsque l'on est plus petit. Il grimpa, sans trop de difficultés, malgré l'absence de quelconque échelle. Mais ne vous inquiétez pas, notre Minou n'a pas de dettes, ni trop de problèmes financiers. Non, si il n'a pas d'échelle, c'est tout simplement parce que c'est un chat. Enfin, cessons de divaguer. Il arriva alors devant une porte, une simple porte, en bois, l'ouvrit et entra dans sa demeure. Il faisait sombre, mais qu'importe, Monsieur chat voit très bien dans le noir. Il n'alluma donc qu'une de ses bougies, celle disposée à côté du sofa où il avait l'habitude de s'allonger, et de passer des heures, tout à son aise. Mais, ce n'était pas un jour comme les autres, non. Il prit alors le journal qui venait d'être déposé au bas de sa porte et se dirigea tout d'abord vers sa rubrique préférée, la météorologie. Il allait se passer quelque chose d'important et le gros matou ne voulait pas le manquer. Arrivé à la bonne page, il prit quelques instants pour bien déchiffrer l'information et un immense sourire illumina son visage. En effet, nous pouvions lire, en minuscules d’imprimerie, un message important : 
«  Esprits, âmes et sorciers, avis de tempête. Nous vous prions d'éviter à tout prix la région du marais, nous attendons, en fin de soirée, d'importantes averses de sardines. Suites aux récents événements, à savoir ce pauvre jeune sorcier enseveli il y a quelques jours sous une bonne tonne de poissons, nous vous demandons de faire très attention ! Quant au reste de la région nous pouvons vous affirmer que... »
La suite n'intéressait pas le moins du monde notre cher ami qui pensa alors : «  Si je pouvais me noyer dans une tonne de sardines... » Il se délecta à l'avance de ce merveilleux repas. Il avait réfléchi, il ne lui restait plus qu'à agir !
Parapluie, du moins, ce qu'il en reste, prêt ! Parapluie intact en cas de pépin, prêt ! Le reste, n'avait que peu d'importance et Mister cat se mit en route. Il marchait, rapidement, et voyait défiler le paysage de son monde, son univers, si familier. Il y avait ainsi cet immense océan de verdure, qui s'étendait au loin et son arrêt-bus, avec son banc, désespérément vide, triste. Il marcha encore un peu, puis franchit les limites du monde qui le mena directement dans le sombre marais, mentionné plus haut, et bien plus haut encore. L’atmosphère lugubre des lieux, ne le fit pas frisonner. Il allait pleuvoir des poissons. On ne pouvait donc ressentir que de l'excitation.



Chapitre IV
Cela faisait à présent plusieurs minutes que notre voyage avait commencé. Nous étions fort bien installés, les bancs sur lesquels nous étions assis n'ayant, fort heureusement, que l'aspect du bois. Le train était fréquenté mais personne ne sembla remarquer que quelque chose clochait chez moi, que j'étais humaine en somme. Mon compagnon m'explique alors que c'était le collier qu'il m'avait donné qui faisait cet effet. Néanmoins, il me conseilla de rester sur mes gardes, on ne sait jamais. Je regardai autour de moi et analysais chacun des autres passagers. Il y avait des créatures ressemblant très fortement à toutes sortes d'animaux présents sur Terre. A savoir, dans l'ordre alphabétique :
Des chats, bien plus grands et semblant bien plus intelligents que la moyenne. Ils étaient assis sur leur derrière, lisaient, somnolaient et n'étaient que très peu bavards.
Des créatures à l'allure humaine, qui possédaient cependant une queue de renard et des yeux d'un vert émeraude très troublant.
De nombreux oiseaux aux tailles et couleurs très variées, mais toutes étaient vives et chatoyantes.
Et enfin, une femme à la peau très blanche, des plumes de cygnes recouvraient une partie de sa peau et de son visage.
Alors que je continuais mon inventeur, le jeune homme assis à mes côtés prit la parole et me fait donc sursauter : 
Ce sont des esprits. Leur cœur est pur, ils sont là pour garantir un certain équilibre entre les peuples et la nature. Leur présence dans notre monde est indispensable. Chacun d'entre eux à une fonction et une mission spécifiques. Par exemple, ceux-là, _ Il désigna du doigt un groupe de gros chats_ sont des esprits des voyageurs. Ils les guident, les protègent et...
Oui ! J'en ai rencontré un pas plus tard qu'hier. Il était vraiment, vraiment énorme et avait avec lui un parapluie. Un bien drôle de personnage qui s’exprime pourtant très bien !
Il me considéra un instant, dubitatif, et semblait douter de moi. Il laissa tomber alors sa tête en arrière et soupira.

Tu as eu de la chance de le rencontrer... selon de vieilles légendes, c'est le plus ancien et puissant des esprits. En plus d'être gardien des voyageurs, c'est lui qui est maître des frontières et qui protège notre monde de l'extérieur. Tu es d'ailleurs la première personne que je connaisse à l'avoir rencontré, et sache, que c'est un grand honneur.
J'acquiesçai. C’est vrai après tout, ce gros matou m'avait sauvé la vie. J' y pensais un instant et repris, une fois encore, le cours de mon inventaire. Outre les animaux, qui étaient en réalité des esprits il y avait :
Des personnes à l'allure humaine, habillées avec de multiples couleurs et étoffes. Des sorciers selon mon compagnon de voyage.
Et d'autres, plus banales et menues à l'allure spectrale.
Mon guide, une fois encore, m'interrompit.
Ce sont des âmes. Autrefois, ils étaient des sorciers, magiciennes, esprits ou autres créatures. Après leur mort, ils ont eu le choix de revenir vivre une vie ici ou de partir à jamais, personne ne sait où.
Et toi, qu'est-ce que tu es ? Je marquai une légère pause. Je veux dire, tu es une âme, un sorcier ?
Il me sourit et sa réponse ne se fit pas attendre.
-Quel maladroit je fais... Je suis un sorcier, un peu magicien, issu d'une longue lignée d’illusionniste. Et puisque nous ne nous somme pas vraiment présentés... Je m'appelle(je hais choisir des noms).
Llama
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L'atelier d'écriture de Tata Meg'

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